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La France en docs

Très présent dans les festivals, distribué aujourd’hui dans les mêmes réseaux que le cinéma de fiction, soutenu par la critique, le cinéma documentaire a réussi, d’une certaine façon, à « sortir du maquis » et à acquérir une véritable légitimité auprès du public. Il était temps que la Cinémathèque de Toulouse lui consacre l’une de ses programmations en proposant un aperçu de son immense richesse.

Pour cette première exploration – puisqu’il est assuré que nous y reviendrons -, nous avons choisi de partir à la découverte de nous-mêmes. Nous avons donc demandé à ces cinéastes, de Georges Rouquier à Raymond Depardon, en passant par Chris Marker, de nous aider à porter un regard sur la France et les profondes mutations que notre pays a vécues depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « La France en docs » se présente comme un portrait aux multiples facettes d’une réalité souvent trop proche de nous pour que nous puissions la saisir pleinement.

Il était naturel que cette programmation trouve sa place en janvier et puisse ainsi se construire en collaboration avec le colloque du Clémi, consacré au cinéma documentaire, et que la Cinémathèque accueille chaque année. Deux moments importants structureront ce début d’année : dans le cadre de notre rendez-vous mensuel « le métier de cinéma », nous recevrons le 12 janvier Jean-Louis Comolli, figure essentielle du documentaire. Et le 28 janvier, une table ronde rassemblera les principales sociétés de production de films documentaires en Midi-Pyrénées. Car notre territoire régional n’est pas simplement un lieu d’accueil de tournages : il est riche de structures de création qui participent à la construction d’un véritable regard sur notre réalité.

Natacha Laurent

Simenon au cinéma

Au commencement du cinéma, les mots. Un synopsis, un scénario, pour raconter une histoire, donner vie à des personnages, créer un univers. Et quand le scénario est directement inspiré d’une œuvre littéraire, c’est à une passionnante rencontre que le spectateur est invité : celle du cinéma et de la littérature. Certains écrivains, plus que d’autres, ont signé des livres qui ont rencontré le septième art à de très nombreuses reprises. C’est le cas de Georges Simenon, dont les romans ont donné lieu à des dizaines et des dizaines de films, tant pour la télévision que pour le cinéma.

Notre sélection montre que cette œuvre littéraire a fait l’objet, dès son apparition dans les années 30, d’adaptations cinématographiques. De Jean Renoir (la Nuit du Carrefour) à Pierre Granier-Deferre (Le Train) en passant par Henri Decoin et Maurice Tourneur, c’est à la découverte de très belles pages du cinéma policier français que nous vous convions. Toutes les époques, toutes les familles, toutes les sensibilités du cinéma hexagonal se retrouvent pour interpréter le personnage le plus célèbre de l’œuvre de Simenon, le commissaire Maigret, mais aussi pour mettre en scène le processus même de l’enquête et restituer cette atmosphère pleine de doutes, d’ombres et d’incertitudes.

Le 13 février, nous aurons le plaisir de recevoir, pour une soirée placée sous le signe de la littérature et du cinéma,* Bertrand Tavernier*, qui fera une pause dans la préparation de son prochain film pour venir présenter Dans la brume électrique ainsi que l’ouvrage qu’il vient de consacrer à cette œuvre. Une occasion unique de rencontrer une figure centrale du cinéma français d’aujourd’hui, qui est également critique et président de l’Institut Lumière de Lyon.

Natacha Laurent

Festival Zoom Arrière

La quatrième édition de Zoom Arrière est l’occasion d’affirmer, une nouvelle fois, l’attachement, ancien et aujourd’hui renouvelé, de la Cinémathèque de Toulouse à la musique, et plus particulièrement à la diversité des propositions musicales qui peuvent accompagner les films muets. Parce que chaque œuvre est unique et appelle une relation intime avec le musicien qui acceptera de l’interpréter, parce que nous n’attendons pas de la musique qu’elle comble un silence que notre monde ne sait plus entendre, mais parce que nous la concevons comme indissociable de notre démarche artistique, nous avons voulu que Zoom Arrière devienne, avec plus de 25 films en ciné-concert, le festival de patrimoine le plus musical.

En accueillant Maggie Cheung comme invitée d’honneur, Zoom Arrière s’ancre dans le présent de la création et montre que le travail d’une cinémathèque du XXIe siècle n’a de sens que dans une relation forte avec les artistes d’aujourd’hui. La thématique que nous avons choisie en 2010 – les stars – et le pays dont nous mettons la cinématographie à l’honneur – la Chine – font de cette actrice lumineuse et magnifique une ambassadrice idéale. Sa carrière et sa capacité à jouer dans des films populaires autant que dans des films dits d’auteur la placent parmi les plus grandes : elle montre que le 7e art peut rassembler tous les publics, au-delà des différences culturelles ou sociales. Et c’est aussi ce qui fonde l’identité même de Zoom Arrière : partager le patrimoine cinématographique avec le plus grand nombre.

Natacha Laurent

Édition spéciale !

Le spectacle des rotatives qui s’échauffent, les doutes du reporter qui mène une enquête difficile mais indispensable, l’arrogance du magnat de la presse, la fébrilité d’une conférence de rédaction ou le courage de toute une équipe de journalistes face aux contraintes et aux menaces qui pèsent sur leur titre, nombreux sont les films qui mettent en scène ce que l’on a coutume d’appeler le quatrième pouvoir.

De l’emblématique Citizen Kane (O. Welles) au plus récent Good Night and Good Luck (G. Clooney) en passant par Judith Therpauve (P. Chéreau), Le Porteur de serviette (D. Luchetti) et Jugé Coupable (C. Eastwood), cette programmation est l’occasion de mettre à l’honneur un des éléments essentiels du fonctionnement d’une démocratie. Et de s’interroger sur la façon dont le cinéma, sur plus de 70 ans, et dans différents pays, a représenté l’évolution de la presse, qu’il s’agisse de la presse écrite ou audiovisuelle. L’occasion aussi, bien sûr, de revenir sur le rôle, les fonctions et le pouvoir des médias dans nos sociétés.

Le « Métier de cinéma » qui accompagne cette programmation ne pouvait être que celui d’un journaliste passionné de cinéma, au service d’un grand titre qui fait la part belle à l’actualité culturelle, mais est reconnu aussi pour la qualité de ses enquêtes et analyses. Venez donc rencontrer, le 30 avril prochain, Éric Libiot, rédacteur en chef de la rubrique Arts et Spectacles de L’Express, qui viendra éclairer cette programmation de son expérience et qui, en choisissant de présenter le film de Michael Mann, Révélations, nous livre sans doute quelques indices sur sa conception du métier… et sa cinéphilie !

Natacha Laurent

Comédies à l'italienne

Pour accueillir le printemps, et reprendre notre souffle après Zoom Arrière, nous vous proposons de revisiter une cinématographie à laquelle nous restons très attachés, celle de l’Italie, et à travers un genre que ce pays a porté à des sommets : la comédie. Ce genre, qui reste sans doute l’un des plus difficiles à cerner précisément tant il est intimement lié à des contextes culturels et sociaux spécifiques, s’est exprimé en Italie, de la fin des années 1950 à celle des années 1970, d’une façon particulièrement inventive, iconoclaste et libératrice.

Mario Monicelli (Brancaleone s’en va-t-aux croisades), Ettore Scola (Affreux, sales et méchants), Dino Risi (Le Fanfaron), Luigi Comencini (Le Grand Embouteillage), Pietro Germi (Divorce à l’italienne) ont incarné cette fougue ironique et cette allégresse salvatrice. En offrant à d’immenses acteurs – Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli – certains de leurs plus beaux rôles, ces cinéastes ont dénoncé, sur le mode de la comédie, les hypocrisies et les travers de la société italienne de leur temps. Et parce que cette dimension du cinéma transalpin a trouvé aujourd’hui de dignes héritiers, nous avons souhaité intégrer dans cette sélection certains films de Roberto Benigni.

Pour éclairer cette programmation et découvrir les coulisses de cette formidable page de l’histoire du cinéma italien, nous vous invitons à rencontrer le 7 avril prochain Ferruccio Castronuovo, acteur, réalisateur, caricaturiste et chef-opérateur. Véritable mémoire vivante de ce que fut le 7e Art dans son pays, notre invité est aussi un conteur hors pair, qui saura restituer, à coup sûr, l’énergie, l’invention et la liberté qui habitent ces comédies à l’italienne.

Natacha Laurent